Raconte-moi la CAN
L'objet du désir au centre de la mosaïque 1957. Date de naissance officielle de la CAN.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Dame Coupe d’Afrique des Nations n’est plus très jeune.
L’idée d’une compétition continentale fut évoquée en juin 1956 à l'hôtel Avenida de Lisbonne, en marge du Congrès de la FIFA. Des responsables du football de trois pays africains: les Egyptiens (Abdelaziz Abdallah Salem, Mohamed Latif et Youssef Mohamed) les Soudanais (Abdel Halim Mohamed, Abdel Rahim Shaddad, Bédawi Mohamed Ali) et le Sud-Africain d’origine britannique Fedd.W. Fell avaient ouvert la brèche.
La naissance intervient plus tard, dans la foulée de la création de la Confédération Africaine de Football (CAF). La première édition eut lieu à Khartoum et avait réuni seulement trois pays. (L’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan). L’Afrique du Sud avait été écartée pour sa politique ségrégationniste de l’époque, car elle avait refusé d’envoyer une sélection multiraciale.
Voilà pour l’anecdote.
Le nombre des participants évoluera en même temps que les pays africains accèderont aux indépendances.
En 1968, la compétition prend un autre tournant avec huit équipes en phase finale.
En 1992, on passe de huit à douze participants et en 1994 enfin, la compétition présente le visage qu’on lui connait aujourd’hui, avec seize nations qualifiées. De son berceau à ce jour, on peut dire que le bébé a bien grandi, au point de n’avoir presque plus rien à envier à sa sœur européenne l’Euro.
C’est que, très tôt, la CAN est devenue l’événement emblématique du continent. Il est vrai que, de la première édition, remportée par l’Egypte en 1957, à la dernière (avant celle qui s’ouvre dans quelques jours au Ghana) remportée (ironie de l’histoire) par cette même Egypte, il n’y a plus grand chose à voir. Au fil des éditions (tous les deux ans), la compétition est devenue la vitrine du football africain. Au point qu’aujourd’hui elle est le rendez vous incontournable des recruteurs.
Pour comprendre l’envergure de cette compétition, il n’y a qu’à voir le tournis que donne aux clubs européens le départ prochain à la CAN des footballeurs africains professionnels évoluant en Europe. Depuis cinquante ans, la CAN a connu des mutations incroyables. Signe des temps, les nations qualifiées battent le rappel de leurs joueurs professionnels, afin de mettre toutes les chances de leur côté pour remporter le trophée continental. Ce n’est pas tout. Depuis sa création jusqu'à ce jour, quatorze entraineurs expatriés (toutes nationalités confondues) ont déjà remporté la CAN à la tête des nations qu’ils dirigeaient. Pas besoin vraiment d’un dessin pour comprendre pourquoi, tous les deux ans, l’Afrique attend avec impatience cette compétition. Il y a l’excitation que suscite le retour au pays des stars africaines du ballon rond, la formidable opportunité qu’offre l’organisation d’une telle compétition au pays organisateur. (Meilleures infrastructures, économie redynamisée, investissements divers…)
Petit à petit, la compétition est devenue un vrai business. La télévision et la publicité ont fait leur apparition dès la CAN 84. Les droits télévisuels se sont négociés à 6 millions de dollars jusqu’en 2000.
Comment, enfin, passer sous silence le niveau de la compétition, qui n’a cessé de s’améliorer pour offrir des matches anthologiques ? Comme ce fameux quart de finale de la 25ème édition en Egypte entre la Côte-d’Ivoire et le Cameroun, qui s’était achevé par l’épreuve des tirs au but, par 12 tirs à11.
Des anecdotes comme celle-là, il y en a des tonnes au sujet de la CAN, pour laquelle je donnerai bien volontiers mon royaume (enfin, ce qu’il en reste) pour vous faire vivre la 26ème édition qui démarre le 20 janvier prochain … sur mon blog …