God bless…

Publié le par Hamed PARAÏSO

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Jeudi 24 janvier, il est 19h 30. Heure locale. Je suis en reportage dans l’un des fans Parks installés dans la ville. Devant l’écran géant, des milliers de supporters ghanéens sont assis à même le sol. Sous leurs yeux, les Black Stars accueillent la Namibie, pour le compte de la deuxième journée des matches du groupe A.

Ici, personne ne doute de la victoire du Ghana. La question sur toutes les lèvres est plutôt de savoir par combien de buts le Ghana va l’emporter, face à des Namibiens déjà ensevelis avant le coup d’envoi.

Juste à côté de moi, une femme porte son bébé dans le dos. Elle a décidé de lui infliger une soirée de football que le gamin n’aurait sûrement pas réclamée s’il avait pu en parler à sa mère.

De quoi je me mêle ?

Peut être qu’au fond, c’est à sa demande que sa mère est là.

Je m’égare ! Ce qui m’intéresse, c’est le match. Sur l’écran géant, le tableau d’affichage reste désespérément vierge. Le Ghana ne réussit pas  à traduire dans les faits sa large domination. La dernière occasion de Gyan, l’attaquant ghanéen, fait pousser un cri strident au barbu juste à côté de moi.

Il me prend pour un compatriote et me parle en Gâ, le dialecte local.

Le signe ostentatoire de la main que je lui fais pour lui dire que je ne comprends pas ce qu’il me dit lui fait rectifier le tir.

- Sorry

- I’m sorry too, I’m not a Ghanaian

- Where do you come from?

- I come from Paris, I’m a journalist and I work for one of African TV: LC2 (mon Anglais est quand même meilleur que celui de mon cameraman).
 
La conversation n’a pas le temps de s’achever que Junior Agogo hérite d’un superbe ballon dans la surface de réparation. Ghana 1- Namibie 0. Explosion de joie générale dans le fan Park. Un nuage de poussière à couper au couteau s’élève.

Les visages, crispés  il y a quelques secondes, rayonnent.  Ceux qui avaient les dents serrées ont retrouvé le sourire.

La mi-temps arrive juste après.  Je  vous passe les détails de la ruée des supporters vers les bars  installés dans le Fan park.

A la reprise, certains se retrouvent affalés sur le sol, je ne saurais vous dire pourquoi. Mais je devine ce que vous imaginez … qu’ils sont déjà saoûls ... Cela n’engage que vous.
La suite, vous la connaissez : le score n’évoluera plus. Le Ghana assure le service minimum. Pas celui instauré par le gouvernement français, celui qui lui permet d’entrevoir les portes des quarts de finale.

Les supporters repartent chez eux, non sans avoir entonné une dernière fois l’hymne national. « God bless our homeland Ghana ». Un peu comme pour se rassurer.

Il y a des manifestations de patriotisme qui se passent de commentaires…
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