How better is your English?
“S’il vous plait, I want to shop, what is the menu and how many is coute? “ Éclats de rire et petit moment de panique chez le serveur. Nous sommes dans un restaurant, et c’est mon caméraman qui vient de s’exprimer. Des perles comme celle-là, il en sort une dizaine par jour …
Nous séjournons au Ghana depuis 72 heures, dans le cadre de la 26ème Coupe d’Afrique des Nations de football que le pays accueille. Et mon caméraman ne s’y fait toujours pas. Moi non plus, d’ailleurs … Mais à chacun son problème …
Lui c’est la langue qui le contrarie, moi c’est la monnaie ghanéenne qui me donne le tournis.
A dire vrai, la langue de Shakespeare et lui font deux. Un peu comme le chien et le chat. En fait, il n’y comprend vraiment rien. Lui, le pur francophone, allergique pendant longtemps à l’anglais, est, aujourd’hui, obligé de s’en servir dans le cadre de son travail. Tout de même, quelle poisse !… Je me dis que la nature a dû conspirer contre lui pour que cette mission au Ghana lui tombe dessus.
Mais pas le temps de m’attarder sur son sort. Dans la foulée du repas, je commande un café. Au moment de payer, je découvre ce chiffre : 15 000.
“What? I beg your pardon! There is a mistake on the bill “… Un café à quinze mille ? C’est fou ! “Non monsieur. Quinze mille Ghana cedis. “ Ah oui, c’est vrai ! Nous ne sommes pas en zone franc, et cela m’avait échappé. Une belle frayeur pour rien ! Quatorze ans que je n’étais plus revenu par ici. Le pays a vachement changé, mais pas sa monnaie. Un peu, si, quand même ...
J’ai le souvenir des anciens cedis. Des tonnes de coupures de banque, pour un montant dérisoire. Aujourd’hui, le système bancaire a évolué, mais la devise reste un casse-tête permanent pour un visiteur comme moi. Ici, tout le monde est multimillionnaire. Oui, vous avez bien entendu : multimillionnaire ! Et pourtant, le Ghana fait partie des pays les plus pauvres de la planète. Allez–y comprendre quelque chose !
En fait, les millions n’ont pas les mêmes valeurs. Pour comparaison, 70€ font environ 1 million de Ghana cedis. C’est dingue, on a beau m’expliquer, je ne m’y fais pas. Chaque fois que je dois payer, je me fais un sang d’encre.
Etranger au Ghana. Moi, le natif du Bénin, à 6 heures de route de la capitale ghanéenne. Et il faut que la 26ème CAN m’amène par ici pour vivre ça ! Merci la CAN !… Au moins, mon caméraman ne se sentira pas seul dans la galère.
Et, s’il me venait à l’esprit de le chambrer sur son anglais ‘’défectueux’’, il pourrait bien se venger …
“How do you manage your Ghana cedis? “… Grrr !!! …